05 décembre 2009
- 7 -
Venons-en aux choses sérieuses : le fameux sermon sur la montagne. Chez Mathieu cela fait 109 versets sur 3 chapitres. (chap 5 - 6 - 7) Quand vous lisez cela d'affilée : Wahou ! Ça déménage ! Vous avez l'impression d'en prendre plein la tronche.
Juste deux ou trois extraits sur la bonne centaine :
Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera (ça vous tente vous d'aller vous faire flinguer par les fanatiques d'une autre religion ?)
quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère (bon sang les mecs, on ne peut même plus regarder les filles à poil sur les publicités...)
Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; - Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; (il y a des volontaires pour les amputations ?)
Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, (c'est ça !, faut pas nous prendre pour des cons non plus !)
Enfin bref... Tout est du même tabac ! De quoi aller vous recoucher, vu que tout cela est impossible à vivre... Si tu ne deviens pas un type/une nana, parfait/parfaite, crois-moi, pour le royaume de Dieu : c'est niqué ! Et comme la perfection n'existe pas : bonjour le désespoir !
Bon, sans doute que Jésus n'a pas balancé tout cela d'un seul coup, et que c'est une forme de compilation du gars Mathieu qui a tout rassemblé à la file, histoire de produire son petit effet choc sur les lecteurs.
Et puis, si on replace un peu tout cela dans le contexte, il s'en prend essentiellement à toutes ces attitudes d'hypocrisie autant de l'homme en général, que des curés de l'époque. (Ceux d'aujourd'hui sont-ils mieux ?)
Et puis encore, on peut pas passer sous silence l'immense souffle libérateur que ces paroles génèrent, même si elles donnent l'impression d'une sorte de colère (une sainte colère ?) dont on voit bien qu'elle a une légitimité en dehors de la vengeance, et qu'elle vient du fond des tripes de ce type qui avait quand même quelque chose dans le pantalon... ! Vu que l'on sait comment il a fini...
Parce qu'au fond, tout ce qu'il dit, c'est aussi tout ce que l'on espère que les autres fassent envers nous !
Et donc il n'y a pas de raison que l'on ne tente pas de faire la même chose envers eux, selon le bon vieux principe de la « règle d'or » (ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse).
Donc on n'a pas le choix ! Il faut bien se laisser interpeller par ces paroles, si toutefois on estime que ce que raconte Jésus à un quelconque intérêt pour nos vies !...
Alors bon, commençons par le commencement. Et le commencement ce sont les béatitudes, ce truc bien connu qui a déjà fait couler beaucoup d'encre. Beaucoup trop probablement...
C'est pourquoi, débordements pour débordements... je vais ajouter mon petit bla-bla personnel sur le sujet.
Ça démarre fort :
Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux!
Lorsque j'étais enfant, on me disait que les pauvres en esprit, c'était ceux qui ne se posaient pas trop de questions, qui était un peu simplet, qui ne la ramenait pas. Moi qui me posais beaucoup de questions, et qui ne me considérait pas comme un imbécile, c'était donc mal barré !
En grec, ça donne : "Oi ptôkoi". Ce qui veut dire : "Heureux les mendiants de l'esprit".
Rien à voir donc !
Et aussi, dans la traduction de Chouraqui, "heureux" se traduit par "en marche !"
« En marche ! les mendiants de l'esprit ». Ça a quand même une autre allure...
En marche ceux qui cherchent cet esprit-là...!
Car pour chercher il ne faut pas déjà posséder, c'est-à-dire il faut être mendiant, celui qui n'a pas d'avoir, pas encore, et qui sans cesse sera en marche vers... ce qu'il ne possédera jamais... Mais dont il sera sans cesse en quête, le coeur, la raison et l'espérance tendue vers cet "esprit" dont on ne sait ni d'où il vient ni où il va...
Mais c'est dans cette marche qui ne finit pas que l'on s'accomplit par un permanent mouvement de possession/dépossession, à l'image de la respiration vitale qui nous oblige à posséder l'air pour vivre (inspirer), pour s'en déposséder pour vivre (expirer), et ainsi de suite.
Et qui sont-ils donc ces mendiants-là ?
La suite le dit : les affligés (car ils seront consolés!) - les débonnaires, (car ils hériteront la terre!) - ceux qui ont faim et soif de la justice, (car ils seront rassasiés! ) - les miséricordieux, (car ils obtiendront miséricorde! ) - ceux qui ont le coeur pur, (car ils verront Dieu!) - ceux qui procurent la paix, (car ils seront appelés fils de Dieu!) - ceux qui sont persécutés pour la justice, (car le royaume des cieux est à eux! )
07 août 2009
A plus tard !
Je pars en vacances
Rendez-vous à la rentrée pour la suite
27 juillet 2009
- 6 -
On continue : tentation saison 2.
et Satan lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Jésus lui dit: Il est aussi écrit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu.
Cette fois Satan, pas fou le mec, est aller réviser son catéchisme et le voilà qui brandit son propre argumentaire tiré des écritures.
La réponse claque comme un coup de fouet : tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu.
C'est quoi une tentation ? Généralement, lorsque l'on tente quelqu'un, c'est pour obtenir de lui quelque chose à notre profit. Et c'est dans le même temps lui faire faire un acte qu'il n'a guère l'intention d'accomplir au départ et dont on a cherché à le convaincre qu'il ferait mieux d'agir de la manière dont on lui indique.
Autrement dit, et en gros : tenter l'autre, c'est le manipuler pour soi-même.
Tenter de manipuler Dieu ! Je pense que les hommes sont assez champion dans le genre ! La manipulation occupe une part non négligeable de notre temps. Ah ! Évidemment, on va employer d'autres mots comme : volonté de convaincre, persuasion, actions « pour ton bien », séduction, argumentation, démonstration, publicité, campagne d'opinion, pensée unique, plan média, action promotionnelle, solde à tous les étages, etc. etc. j'arrête là, la liste pourrait être longue...
Lorsque Jésus profère : tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu, il veut dire "tu ne me tentera pas", puisqu'il est le fils de Dieu. C'est plus fort que je résisterai à ta tentation. C'est une injonction plus forte : "Ne me tente pas !" Dans la réalité du monde, nous sommes le plus souvent à l'inverse. Tout ce qui nous environne est tentation. Comme chante Alain Souchon : « On nous fait croire que le bonheur c'est d'avoir de l'avoir plein nos armoires ».
Mais l'injonction de Jésus n'est pas dirigée vers les autres, elle s'adresse à nous-mêmes : "Ne me tente pas !" Autrement dit ne tente pas celui qui est en face de toi. Ne fait pas en sorte qu'il pourrait dévier de sa route, car lui seul la connaît, il n'a pas besoin qu'on lui demande, qu'on le supplie, qu'on l'incite sans cesse à faire ceci ou cela, sous prétexte que ... que... et encore que.... (Je laisse chacun faire la liste des bonnes raisons qu'il a d'obliger l'autre à faire ce qu'il n'a pas à faire...).
C'est une question de confiance. Confiance dans l'autre. Confiance qu'il connaît sa route mieux que nous-mêmes. Confiance qu'il gérera sa liberté d'être humain avec droiture et justesse. Cela ne veut pas dire que l'on a rien à dire, ni rien à faire, mais entre accompagner quelqu'un dans sa recherche et lui enjoindre ce qu'il ferait mieux de faire, il y a un gouffre que nous franchissons parfois allègrement...
26 juillet 2009
- 5 -
Reprenons le film tourné au désert. La première séquence, et laissons cette fois-ci le micro de Jésus branché, pour entendre sa réponse aux propositions alléchantes de Satan.
Le tentateur, s'étant approché, lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit: Il est écrit: L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Première remarque, Jésus semble avoir une bonne culture biblique, comme on dirait aujourd'hui, puisque sa réponse consiste à citer les écritures. C'est clair, il est allé au catéchisme, et on le prendra pas en défaut en ce domaine. D'ailleurs, par la suite, bien des fois on le verra tenir la dragée haute à l'équivalent des papes, évêques, et autres théologiens de l'époque, qui en connaissait cependant un rayon.
Mais est-ce cela le plus intéressant ? qu'il soit premier de la classe en maniement des écritures ? En sens de la répartie ? En batailleur à coups de versets bibliques ? Est-ce que le combat intérieur, spirituel en quelque sorte, qu'il faut se livrer au désert, doit ressembler au débat à l'Assemblée Nationale ou dans un prétoire de justice, où chacun y va de ses citations et de ses certitudes assénées en vue de clouer le bec à l'autre définitivement.
Ce genre de discussions à coups citations bibliques balancées à travers la gueule, ça a fait des milliers de morts dans l'histoire des religions... Et ça continue d'ailleurs... Ouvrez votre journal, regardez le JT, ça fourmille à toutes les pages. Les guerres de religion ne connaissent pas la crise !...
Donc Jésus dit, en substance, je traduis à ma façon si vous le voulez bien : changer les pierres en pains n'est pas cela qui fait vivre vraiment. Et se remplir la panse non plus !
La panse, c'est aussi, le portefeuille, le compte en banque, le plan d'épargne-logement, le livret de caisse d'épargne, les profits exorbitants, les privilèges de toutes sortes, l'acquisition permanente de plus en plus de biens, la thésaurisation, l'économie de marché pour favoriser tout cela un maximum, etc. etc.
changer les pierres en pains, c'est un peu ce que nous faisons sur terre, ce qui nous occupe 90 % du temps... Que ce soit en jouant au loto ou en faisant des affaires, ou en achetant « pas cher », ce produit superflu fabriqué par ceux qui crèvent de faim à l'autre bout de la planète, et que les riches que nous sommes exploiteront encore pendant des siècles, mais ça c'est pas mon problème...
Alors, qu'est-ce qui fait vivre ? : « toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».
Arf !! On n'est pas sorti de l'auberge !! Il est où Dieu ? Elle est ou sa bouche ? Qu'est-ce qu'il raconte ?
Peut-être que pour commencer à avoir des embryons de réponse, il faudrait faire comme Jésus : se rendre au désert... Là où il y a le silence, là où on peut peut-être commencer à se taire...
Pour écouter... Car nous sommes tellement bavards ! J'ai rencontré des gens qui avaient toujours quelque chose à dire à Dieu. Lui parler, lui demander, le supplier, l'invoquer, le prier,... Bon sang ! Si j'étais Dieu, j'en aurai ma claque !
Mais rester en silence... Oups ! Il y a tellement de tumulte que l'on préfère couvrir par nos bavardages incessants...
Il est dit ailleurs qu'une voix crie dans le désert...
C'est peut-être à l'intérieur de nous-mêmes que les choses se passent.
Je t'emporterai au désert et je parlerai à ton coeur...
Peut-être qu'il y a en nous une voix intérieure qui distille son message. Quelque chose dont on pressent que ce n'est pas vraiment nous-mêmes, sans cependant nous être étranger.
Dieu ? Je ne sais... Mais peut-être faut-il au moins que j'écoute...
22 juillet 2009
- 4 -
Aussitôt l'Esprit pousse Jésus au désert. Durant quarante jours, au désert, il fut tenté par Satan. Il était avec les bêtes sauvages et les anges le servaient.
Vu la manière dont vient de se dérouler son baptême, comme c'est relaté précédemment, façon péplum avec colombe et roulements de tambour, on aurait pu imaginer que Jésus organise une grande teuf pour fêter l'événement, dans le genre garden-party à l'Élysée avec le ban, l'arrière ban et tout le toutim.
Quand même ! Être intronisé "fils bien-aimé" par l'opération du Saint Esprit, ça aurait mérité les caméras et la mondovision, une édition spéciale, Jésus en prime time pendant plusieurs jours, et un show animé par Jean-Pierre Foucault : « qui veut gagner Jésus-Christ ! »
Mais non ! Rien de tout ça ! Le voilà qui file au désert ni vu ni connu...
Le désert c'est le temps des commencements. Le temps de préparation. Le peuple hébreu a erré 40 ans dans le désert. C'est le pays des dangers, de la sécheresse et de la soif. Des abandons. Des célébrités témoignent qu'elles ont vécu leur « traversée du désert »...
L'Esprit pousse Jésus au désert, dit le texte. À coups de pied aux fesses, croyez-vous ? Non évidemment. C'est une poussée intérieure, un élan, une invitation à laquelle on ne peut se soustraire, une nécessité, un impératif que l'on ressent indispensable. Un peu comme quand on dit : ce truc il faut absolument que je le fasse... Avec à la fois le désir ardent d'y aller et la pétoche de ce qui pourrait se passer.
Dans le désert on est seul. La solitude réveille les fragilités. Alors elle pousse à réfléchir, loin des influences, loin du monde. Un lieu où on se retire pour être et devenir. Lorsqu'on a une décision importante à prendre, on se retire quelque part, on pèse le pour et le contre. Ce n'est pas au milieu d'une grande surface, dans l'agitation du temple de la consommation, au milieu des caddies et les oreilles vrillées par de la musique de débile, que l'on va pouvoir réfléchir aux grandes orientations de sa vie...
Nous vivons dans un monde qui n'aime pas beaucoup les traversées du désert...
Jésus, lui, il y va.
Résultat ! : « il fut tenté par Satan » !...
Question : Satan ? Qui c'est celui-là ?
pour savoir, le mieux est sans doute d'écouter ce qu'il raconte... Branchons-nous donc sur "radio Satan", que l'on peut écouter par exemple chez un autre évangéliste, Mathieu. Pour l'instant, je vous passe juste la bande-son du micro de Satan, sans m'attarder aux réponses de Jésus.
Le tentateur s'approcha et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.
(...)
Alors le diable l'emmène dans la Ville Sainte, le place sur le faîte du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges et ils te porteront sur leurs mains pour t'éviter de heurter du pied quelque pierre.
(...)
Le diable l'emmène encore sur une très haute montagne ; il lui montre tous les royaumes du monde avec leur gloire et lui dit : « Tout cela je te le donnerai, si tu te prosternes et m'adores".
Donc en gros : vas-y mon pote, fais-nous des tours de magie ! Ou bien, prend des risques façon Superman, et papa Dieu va te rattraper au vol de sa grosse main divine. Ou bien tourne-toi plutôt vers moi et je te ferai le roi du monde !
Donc voilà, Satan, c'est ça !
Vous ne trouvez pas que cela ressemble pas mal à l'attitude des hommes envers Dieu ! ?... Ou l'attitude des hommes envers le Fils de Dieu, puisqu'il paraît que le Père et le Fils c'est un peu bonnet blanc et blanc bonnet.
- On n'arrête pas de crier vers Dieu pour qu'il change les pierres en pains ! Qu'il change la misère en richesse, qu'il change de la guerre en paix, qu'il change les injustices en justice, qu'il change la haine en amour, qu'il change mon voisin pénible en type bien, enfin bref... Qu'il fasse tout à ma place... !
C'est à Dieu de se bouger le cul ! Pas à nous !
Nous, on est des gens bien !, mais Dieu ! Qu'est-ce qu'il fout pour nous ?...
Sous-entendu : pas grand-chose...
- Pour ce qui est du : jette-toi en bas et tu seras porté... On attend toujours des tours de magie, quelque chose hors du commun. Des miracles, des signes dans les cieux, du grand spectacle. Un Dieu qui sortirait des nuages, que tout le monde verrait, comme ça tout le monde serait obligé d'y croire... Il y a toujours des gens qui seront là pour vous démontrer par A + B+ C+ D que Dieu existe ! Le monde, s'il est si beau, si harmonieux, si merveilleux, c'est bien la preuve de l'existence de Dieu ! (Quoi que depuis que la planète semble en mauvais état, on n'est pas loin de retourner à la première demande de Satan : donne nous un coup de baguette magique et rétablit le monde comme avant !).
- quant au coup d'offrir tous les royaumes du monde - c'est-à-dire offrir ce qu'on n'a pas ! - on est aussi assez balaise dans le genre : Dieu, si tu fais un truc pour moi, si tu m'aimes, si tu t'intéresses à moi, si tu m'adores, promis juré, je ferai des trucs extraordinaires pour toi ! Donne-moi la vie, la richesse, la santé, l'amour, et je t'aimerai pour toujours et plus que toujours et je ferai pour toi tout ce que tu voudras !
On est vraiment des spécialistes de l'égocentrisme et les rois du mensonge !
21 juillet 2009
- 3 -
Donc nous voici avec un Jésus baptisé et ayant reçu la notification de son statut, de son état, (qui a quand même quelque chose d'assez original).
Tu es mon Fils bien-aimé ; celui qu'il m'a plu de choisir.
Est-ce qu'il pressentait le truc ? Va savoir !
Il a dû se demander : et pourquoi moi ? Pourquoi ne pas en avoir choisi un autre ?
"Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu", comme disait ma grand-mère, pour avoir droit à un tel traitement ?
Il y a des gens qui disent que, comme il est fils de Dieu, Dieu lui-même, qu'il a été conçu dans des conditions étranges, il devait sans doute être un peu du genre des dieux de l'Olympe : disposer de pouvoirs surnaturels dès le jour de sa naissance, tout savoir sur tout avant tout le monde, et plus encore que tout le monde, être capable à tout moment de faire des miracles d'un claquement de doigts, et toutes sortes d'autres choses extraordinaires. Donc : dieu de l'Olympe, ou Superman, au choix, comme on voudra.
Franchement, vous y croyez-vous à un Jésus de cet acabit ?
Si c'est ça, c'est assez décevant ! Parce que dans le genre, bien des mythologies ont fait mieux avant lui !
Il paraît que dans le temps on racontait aux jeunes chrétiens que Jésus était tellement génial, ses parents tellement pauvres que, pour aider papa maman dans la misère, il s'arrangeait pour que sa culotte et ses habits grandissent en même temps que lui. Pas besoin d'aller chez Leclerc ou chez Tati pour acheter de la lingerie made in China. Jésus peut tout faire, suffit qu'il demande à son Père, qui est tout là-haut dans les cieux : et hop ! C'est fait !
Personnellement, je trouve assez débile les gens qui ont inventé toutes ces salades au fil des siècles. Sans doute que l'Esprit continue de planer sur les eaux, et qu'il n'y a pas grand monde qui dispose d'une barquette pour aller s'en saisir, et cesser de dire des conneries à tour de bras...
Je pense que Jésus était un homme comme les autres. Tout au moins à la base. Peut-être qu'il avait une vague intuition de son destin à la fois grandiose et terriblement tragique à la fin. Peut-être pas.
Alors, homme ordinaire, tout Jésus qu'il est, n'ayant pas la science infuse, mais, croyant qu'il s'est vraiment passé en lui quelque chose d'important : le voilà qui s'en va au désert, pour réfléchir à tout ça...
Aussitôt l'Esprit pousse Jésus au désert. Durant quarante jours, au désert, il fut tenté par Satan. Il était avec les bêtes sauvages et les anges le servaient.
40 jours au désert, c'est sûr, ça vous transforme son homme. (Oui je sais, il y a la symbolique du chiffre 40, mais on va pas s'arrêter ici à ce genre de truc... Alors, 35 ou 50, on s'en tape ! Ce qui est clair, c'est qu'il y a passé probablement pas mal de temps dans ce désert...)
Quittez pas ! Je vous raconterai bientôt comment à mon avis ça s'est passé...
20 juillet 2009
- 2 -
Reprenons l'évangile de Marc, juste avant que des pêcheurs, qui n'avaient rien demandé à personne, se mettent à suivre ce Jésus.
Et il arriva, en ces jours-là, que Jésus vint de Nazareth de Galilée, et fut baptisé par Jean au Jourdain. Et [s’éloignant] aussitôt de l’eau, il monta, et vit les cieux se fendre, et l’Esprit comme une colombe descendre sur lui. Et il y eut une voix qui venait des cieux : Tu es mon Fils bien-aimé ; celui qu'il m'a plu de choisir.
Évidemment, on peut se faire son petit cinéma, façon effets spéciaux, façon guerre des étoiles, avec bruit de tonnerre, déchirements des nuages, apparition d'une colombe sous le projecteur scintillant et musique tonitruante ou doucereuse, selon l'idée qu'on s'en fait....
Je ne vois pas tellement le truc comme ça. Parce que, tous ceux qui étaient là, ils ne virent certainement rien du tout... Sauf peut-être les plus perspicaces, qui ne se comportèrent pas comme l'imbécile dont on dit que, lorsque le sage désigne la lune, il regarde le doigt. Et les plus perspicaces virent certainement que quelque chose s'était passé en lui. Ça devait se voir sur son visage, dans son regard, dans ses attitudes.
C'est certainement du fond de lui-même que Jésus recevait quelque chose de la compréhension de qui il était. L'évangéliste parle de : descendre des cieux, parce que traditionnellement Dieu habite dans les cieux. Mais c'est une image, une manière de faire comprendre que Dieu est ailleurs, et au-dessus, parce qu'il est le "Très-Haut".
Ce qui se passe en cet instant du baptême de Jésus, c'est tout autre chose. La voix qu'il entend c'est à l'intérieur de lui-même, une petite voix qui lui révèle qui il est et ce qu'il a à accomplir. Certainement une voix douce, comme la douceur de la colombe.
Il n'est pas venu là par hasard Jésus, il fait ce qu'il convient, ce qui correspond aux moeurs religieuses du moment, ce qui est en vogue : aller se faire baptiser par Jean. Il a le sentiment que c'est cela qu'il doit faire.
Finalement, c'est déjà un "fidèle". Fidèle à lui-même, fidèle à une sorte de guide intérieur qu'il suivra sans cesse.
Et voici que cette voix se révèle à lui : « tu es mon fils bien-aimé ». Tu es celui que je viens de choisir.
Quel choc cela a dû lui faire !
Car cette voix, manifestement ce n'est pas lui, Jésus. Il n'a pas l'impression qu'il est en train de se raconter des histoires, de se bourrer le moût avec des idées farfelues.
C'est en quelque sorte un autre qui parle en lui, qui s'adresse à lui.
Un autre qui lui dit « tu est mon fils bien-aimé », et que désormais il appellera « son Père ».
Un truc comme ça : ça vous change l'existence !
Vous devenez "autre" tout en restant le même.
N'est-ce pas cela qui rendra Jésus si attirant pour quelques pêcheurs qui ne gagnaient pas si mal leur vie jusque-là.
Pour larguer son entreprise de pêche... Il fallait quand même de bonnes raisons !
D'autant que la suite démontrera qu'ils n'étaient pas totalement barjos ces pêcheurs-là...
18 juillet 2009
- 1 -
Comme il passait le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter le filet dans la mer : c'étaient des pêcheurs.Jésus leur dit : " Venez à ma suite, et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. " Laissant aussitôt leurs filets, ils le suivirent.
C'est au début de l'évangile de Marc.
Quelle mouche les a donc piqués !
Vous avez déjà vu des pêcheurs ? Ce sont plutôt des gens sensés et réfléchis, qui n'agissent pas à la légère. Comme on dit aujourd'hui, pour tout laisser tomber, il fallait de fortes motivations...
Évidemment, on peut imaginer que cela ne s'est pas passé en une fraction de seconde. Encore que...
Ce qui semble certain, c'est qu'ils n'ont pas négocié un quelconque nouveau contrat pour devenir pêcheurs d'hommes...
Il faut croire qu'ils ont vu chez ce Jésus, quelque chose qui les a branchés. Irrémédiablement. Et que tout le reste de leurs engagements a dû leur paraître bien pâlichons.
Alors ? Ils ont vu quoi ?
un homme qui invite à les suivre.
Un homme dont ils avaient peut-être entendu parler, par ce Jean, qui baptisait dans le Jourdain. Qui disait qu'il fallait changer de vie, se convertir, opter pour autre chose en quelque sorte...
Paraît qu'il l'avait baptisé ce Jésus et que cela avait fait du bruit dans le quartier... Parce qu'il s'était alors passé quelque chose de bizarre.
Quoi ?
Des raconteurs circulaient... Des cieux déchirés, une colombe qui apparaît, bref, des trucs de bonne femme, assurément !...
Cela avait eu l'air de le secouer aussi le Jésus, car il était parti 40 jours dans le désert, pour s'en remettre... À moins qu'il ne se soit là aussi passé quelque chose ?
Mais quoi ?
